mardi 12 juin 2012

Allée Elder - Projet de diplôme

Voici une synthèse de mon projet de diplôme.
Rappel : Je me suis questionnée sur comment valoriser l'allée Elder à Rennes, au profit des déplacements doux, donc sur comment proposer un aménagement participant à l'amélioration de la qualité des déplacements des usagers de cette allée.


Plan de situation



Vue du boulevard Laënnec



   J'ai voulu dans un premier temps rendre l'allée praticable et accessible à tous (en proposant des pentes et non des escaliers, en choisissant des matériaux facilitant l'écoulement de l'eau, en élargissant l'allée pour permettre aux usagers de se croiser sans difficulté, en mettant en lumière l'allée la nuit et en créant un appel, un signal dans la ville). 
J'ai ensuite voulu reconnecter l’usager et le paysage en renforçant l’identité de l’allée Elder, paysage de berges, linéaire et d' "entre-deux" urbain.
 

Intentions et moyens



   Tout mon projet s'axe autour de deux cheminements reliant le quai de Richemont et la promenade des Bonnets Rouges. Ces deux cheminements permettent tout d'abord de dissocier les flux d'usagers pour leur permettre de cheminer plus aisément mais également de montrer les différents vitesses et usages liés à l'allée Marc Elder.

   Le premier cheminement glisse le long des immeubles (anciens et nouveaux), restant en contact avec la ville.
Les déplacements du quotidien, de proximité; en somme les déplacements les plus rapides; sont liés à ce chemin en béton. Le calepinage reprend le motif des lames de bois d'un platelage, incitant les usagers au passage.

   Le second cheminement serpente entre eau et berges. Il ondule pour permettre aux usagers de se rapprocher au maximum de l'eau, pour leur offrir des panoramas inédits sur le paysage de l'allée et pour leur permettre de regagner les immeubles.
Ces déplacements sont en majorité liés aux loisirs et sont donc plus lents. Le dessin de ce cheminement en bois (dalles en châtaignier) est basé sur la forme du triangle équilatéral, n'induisant aucun sens de circulation, aucune vitesse particulière. La forme triangulaire est également issue d'une comparaison de l'allée avec un objet : le kaléidoscope.
Effectivement, cet objet est linéaire et peut être décrit comme un espace intérieur compris dans un cadre (Vilaine / boulevard Laënnec / quai de Richemont), l'utilisateur de l'objet tout comme l'usager dans l'allée peut avoir un regard traversant cet espace, les éléments en mouvement dans cet espace forment de multiples combinaisons (les mouvements de l'allée étant les variation de la hauteur de la Vilaine, la propagation de la végétation, la météo ...), et au centre de cet espace se trouve un miroir (la Vilaine) de forme triangulaire.






   Lorsque l'usager pénètre dans l'allée, sa vision est limitée par la végétation qui forme un écran (yushania maculata, phyllostachys nigra).
Plus il avance, plus sa vision devient globale et il accède à l'espace-cœur du projet, la zone de pause, réunissant les différentes vitesses, les différents usages recensés dans l'allée. 

   En haut de cet espace, la végétation retrace la topographie du sol, par jeu de niveaux puis devient moins maitrisée et forme une friche qui vient côtoyer  l'eau (populus tremula, perovskia blue spire, différents carex et stipas, miscanthus sinensis, phragmites australis ...)

   Les cinq sens sont mis en valeur dans l'allée :
La végétation vient cacher puis dévoiler la zone de pause. On y retrouve des touches de brun, de bleu, métaphore de l'eau.
Au niveau de la zone de pause, les graminées viennent onduler avec le vent, renforçant cette métaphore.
En face de la liaison entre immeubles anciens et récents, la végétation vient perturber la vision de l'usager en abolissant la frontière entre eau et terre, créant ainsi une zone de flou.
La végétation proche de la copropriété est composée de plantes mellifères attirant les insectes. Le bourdonnement fait écho à l'activité de la copropriété (buddleja davidii, veronica gentianoides, pyracantha crenulata...). Plus on s'éloigne de cette zone, plus la végétation semble vouloir capturer, absorber les sons (myriophyllum...).
Le toucher, le goût et l'odorat sont mis à l'épreuve particulièrement dans la zone de pause. Les usagers peuvent venir s'assoir sur des îlots, seuls ou à plusieurs. Ils peuvent sentir, toucher, goûter ce qui les entoure.



Les deux cheminements viennent à la rencontre du voyageur urbain
(vue du quai de Richemont)



La végétation forme un écran, séparant visuellement cheminements haut et bas



Cette frontière visuelle s'estompe au niveau de la copropriété. Les diverses circulations (piétonne, cycliste, automobile...) se mêlent 



Les deux cheminements se séparent pour mieux se réunir au niveau des nouveaux immeubles



Accès à l'allée Elder. (vue du boulevard Laënnec)



 
Lorsque le niveau de la Vilaine s'élève, le cheminement bas se retrouve progressivement immergé, devenant alors le repère de cette variation



Dissémination des îlots dans l'espace semblant résulter d'une inondation. Métaphore de la dissémination des graines grâce au vent (vue de la zone de pause)



La zone de pause inondée



   Le cheminement direct, haut est mis en lumière la nuit grâce au béton lumineux. Celui-ci est composé d'un maillage de fibres optiques intégré dans du béton basique. C'est en l'éclairant avec une source lumineuse qu'il s'anime, étant traversé par la lumière.


Vue nocturne du cheminement direct. Un premier éclairage de couleur chaude met en lumière les immeubles; un second, de couleur froide, le cheminement



Maquette globale présentant l'aménagement et trois zooms
Échelle 1/500°



Vue du quai de Richemont en direction de la promenade des Bonnets Rouges



Zoom 1 : vue du boulevard Laënnec en direction du quai de Richemont



Zoom 1 : vue du boulevard Laënnec en direction de la promenade des Bonnets Rouges



Zoom 2 : vue du croisement entre les deux cheminements, le quai, la zone de pause et la rue de la Barbotière



Zoom 2 : percée entre la ville et la Vilaine



Zoom 3 : vue de la zone de pause en direction du quai de Richemont



Zoom 3 : vue de la zone de pause de l'eau



   Un grand merci à mes deux binômes de choc qui m'ont aidée et conseillée durant la phase de charrette !
Mes remerciements vont également à Éric Lechevalier pour avoir accepté d'être mon expert et, plus globalement à tous ceux qui m'ont apporté leur soutien, amis, famille...